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Le 15/05/2014 | Fidèle à ses positions, l’UNPF s’oppose à la réforme de la rémunération

L’UNPF a initié un rapprochement de plusieurs acteurs de la profession et tenté d’obtenir une position commune sur la rémunération des pharmaciens. L’objectif était de s’orienter vers une rémunération à l’ordonnance en sécurisant les contrats de coopération sur les génériques. Malgré une majorité de pharmaciens favorables à cette évolution, l’assurance maladie et la FSPF ont décidé de s’en tenir au protocole d’accord signé en janvier.

L’UNPF souhaitait également développer un honoraire sur les produits de la 3ème tranche, en échange d’un retour d’informations destiné aux laboratoires et institutionnels.

L’UNPF tient aujourd’hui à rappeler son opposition formelle à la signature envisagée par la FSPF et l’UNCAM pour le 21 mai.

L’UNPF rappelle également que sur les cinq signataires de la Convention, seuls deux ont décidé de signer l’avenant conventionnel.

L’UNPF dénonce cette réforme, adoptée en période de crise économique, rejetée par une majorité de pharmaciens et dont les conséquences économiques seront catastrophiques pour le réseau déjà mis à mal par les nouvelles mesures d’économies annoncées par le gouvernement. 

Plusieurs éléments de l’accord nous semblent particulièrement dangereux pour la profession :

La rémunération n’est pas déconnectée des volumes : initialement, l’honoraire de dispensation devait permettre de déconnecter la rémunération des prix et des volumes dont la tendance est à la baisse. Or, ce n’est pas le cas dans la proposition de la CNAM puisqu’il s’agit de mettre en place un honoraire à la boîte et non à l’ordonnance comme le préconise l’UNPF.

Les Impacts sur la Marge Dégressive Lissée (MDL) sont délétères : L’honoraire à la boîte implique une diminution sévère des taux des 2ème et 3ème tranches de la MDL. Or, ces deux tranches ont une évolution positive. La 3ème tranche concerne les traitements ciblés qui constitueront les stratégies thérapeutiques de demain. Il est donc inopportun et risqué de bloquer la marge des pharmaciens sur les produits innovants.

La réforme développera une concurrence accrue entre les pharmacies : Comment expliquer aux patients qu’on leur facturera plusieurs honoraires en cas de dispensation de plusieurs boîtes d’un même médicament ?

De la même façon,  l’honoraire de dispensation ne sera pas intégré au prix du médicament et figurera lors de la facturation des médicaments de prescription médicale facultative (PMF) sur une ligne dédiée. Cela favorisera également  la concurrence entre officines et aura des conséquences délétères sur la marge des officines les plus fragiles.

Au minimum, 16% des pharmacies sont perdantes : les simulations présentées par la CNAM ont montré que 16% des officines verront leur marge diminuer au moment de l’introduction de l’honoraire à la boîte. Les simulations effectuées par l’UNPF montrent qu’il n’y a aucune sécurisation du modèle économique actuel. Cela pose également un problème concernant le maillage officinal. En effet, la dispensation optimale des médicaments risque de ne plus être assurée.

Deux augmentations de prix successives : il sera difficile d’expliquer aux patients deux augmentations de prix successives, la première au 1er janvier 2015 et la seconde au 1er janvier 2016, afin de mettre en œuvre l’honoraire de dispensation.

Aucune sécurisation des prestations sur les génériques : l’élément essentiel pour l’UNPF était de pouvoir préserver les bénéfices liés aux contrats de coopération, or, l’arrêté fixant le taux des remises n’apporte pas la sécurisation nécessaire.

L’UNPF refuse cette réforme et redoute ses conséquences désastreuses non seulement, pour les pharmaciens, mais aussi pour les patients qui ne bénéficieront plus des avantages d’un maillage dense et des services actuellement offerts par leurs pharmaciens.