Le 29/05/2017 | Fonds spéculatifs dans les officines : que fait-on?

La présence de fonds spéculatifs dans le capital des officines françaises, longtemps redoutée, est aujourd’hui une réalité.

C’est pourquoi, à l’initiative de l’ADIP et de l’UNPF, une vingtaine de pharmaciens d’Ile de France a décidé de se structurer afin d’alerter sur l’arrivée de ces fonds, les pratiques « borderline »  de prise de participation via des OCA[1] et les conséquences désastreuses  pour les pharmaciens  et les patients. 

 

En pratique, les fonds spéculatifs ont pris possession de certains groupements de pharmaciens. Ces derniers approchent des pharmaciens n’ayant pas les moyens de s’installer et leur proposent des solutions de financement  à un taux extrêmement élevé.  Les pharmaciens, coincés financièrement et soumis à une pression grandissante (le fonds a besoin d’un retour sur investissement) perdent également toute indépendance professionnelle car ils ne maîtrisent  plus les achats.  Ils sont contraints à une stratégie prix/volume poussée à l’extrême qui fragilise les confrères situés à proximité et réduit  l’offre de soins proposée aux patients.

En parallèle, les fonds exercent une pression sur les pharmacies qu’ils cherchent à racheter  et regrouper afin d’ouvrir des points de vente de très grande surface (800 m2). Plusieurs pharmaciens parisiens subissent actuellement ces déstabilisations, mais des projets similaires sont en cours à Lille, Lyon…

 

L’ADIP et l’UNPF dénoncent ces pratiques et plus particulièrement :

  • - Les taux d’intérêts pratiqués (8%)  – pire que les taux d’usure existants ;
  • - La possibilité pour le fond actionnaire de remplacer le pharmacien « titulaire » par un autre selon son bon vouloir ;
  • - La pression inacceptable exercée sur les titulaires des points de vente qu’ils souhaitent racheter.

 

 

Faisant de la défense du rôle et de l’indépendance du pharmacien ses priorités,  l’UNPF a sollicité à plusieurs reprises l’Ordre et le Ministère de tutelle pour  mettre en place, avant qu’il ne soit trop tard, une réglementation sur les montages financiers des officines.  L’UNPF invite, également, les autres syndicats à ne pas faire obstacle, mais à la rejoindre dans ce combat.

 

 

L’UNPF, qui étudie depuis plusieurs années la question du financement des officines et de la transmission générationnelle, travaille sur la mise en place d’un fond d’investissement « officinal » ouvert aux seuls pharmaciens. Seul moyen de préserver les valeurs des professionnels de santé que nous sommes.

 

 

Nous invitions tous les confrères désireux de prendre en main leur avenir, tout en préservant leur indépendance et en libérant leur capacité d’innovation, à nous rejoindre.



[1] OCA : obligation convertible en action

 
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