Le 26/03/2015 | Rémunération : l'UNPF demande la réouverture des négociations

Contrairement à ce qui était annoncé, la réforme de la rémunération n’a pas modifié le modèle économique sur lequel repose la pharmacie. La rentabilité des officines est actuellement liée aux volumes de boites de médicaments qu’elles délivrent. Ce système nous parait, non seulement obsolète, mais aussi contraire aux évolutions de la société.  En effet, cette logique prix /quantité, renforcée par l’introduction de l’honoraire à la boîte, ne permet pas de faire face aux mesures  de baisses de prix des médicaments (princeps et génériques), d’encadrement des prescriptions et de changement de conditionnement.

 

L’UNPF souhaite, au contraire, positionner la pharmacie d’officine autour du patient. Cela implique de construire un modèle économique dans lequel le pharmacien est rémunéré, non pas seulement en fonction du nombre de boîtes délivrées, mais aussi en fonction d’actes intellectuels assurant la qualité et la traçabilité des produits de santé délivrés. Déconnecter en partie la rémunération des volumes permettra d’aller vers une consommation maîtrisée et de lutter contre la iatrogénie.

 

En outre, la réforme de la rémunération oblige les pharmaciens à afficher le coût de l’honoraire vis-à-vis des patients alors que le modèle précédent intégrait le forfait dans le prix du médicament. Cela s’avère délétère dans les relations pharmaciens/patients, entame l’image des pharmaciens auprès du grand public et incite les pharmacies discount à ne pas facturer les honoraires en cas de vente sans ordonnance, au risque de déstabiliser le réseau tout entier. Cette obligation incombe aux seuls pharmaciens…  aucun autre commerçant n’étant dans l’obligation de détailler sa marge à son client….

 

Les premières données économiques depuis la mise en place de l’honoraire de dispensation démontrent  que l’honoraire à la boîte ne permet pas de protéger l’officine des impacts liés aux baisses de prix massives. En effet, on a pu constater au mois de janvier une augmentation de 3% des volumes, mais une baisse de 2% de la marge brute totale perçue par les pharmaciens. Cette baisse s’explique par la modification des seuils de la marge dégressive lissée et les nombreuses baisses de prix subies.

 

Nous dénonçons, par ailleurs, le système de dupes dans lequel se construit l’économie officinale. D’un côté, les pharmaciens négocient leur rémunération avec l’assurance maladie, mais d’un autre  ils subissent les baisses de prix et déremboursements décidés unilatéralement par le gouvernement. L’UNPF demande que la profession soit associée à la négociation relative à la fixation des prix des médicaments.  

 

L’UNPF n’a de cesse de dénoncer ce double jeu, au sein duquel  les pharmaciens sont condamnés si le modèle économique n’évolue pas.

 

 

C’est pourquoi, l’UNPF demande, en urgence, la réouverture de négociations relatives à la rémunération afin de mettre en place un modèle économique stable qui pérennise les structures et le maillage officinal.

 

L’UNPF propose d’ouvrir des négociations sur la base d’un honoraire intellectuel, lié à des actes. Il doit être réévalué régulièrement afin de compenser les baisses de prix. Il doit également s’ajouter à l’honoraire à la boîte et ne pas affecter davantage les seuils de la marge dégressive lissée.

 Nous demandons également la suppression du capage de la marge sur les produits de la 3ème tranche de la MDL. Il paraît insensé de bloquer la rémunération du pharmacien sur les seuls produits dont la tendance est à la hausse. Il s’agit de médicaments innovants qui nécessitent une technicité importante, une formation spécifique et beaucoup de disponibilité au comptoir.

 

Faire évoluer la rémunération permettra de moderniser la profession en redonnant aux pharmaciens  la capacité d’investir, d’innover et de créer de nouveaux services pour les patients, tout en conservant un système de soins libéral.

 

Nous avons, à maintes reprises alerté les autorités sur les dangers de la mise en place d’une rémunération basée sur un honoraire à la boîte. Les pharmaciens ont largement manifesté leur hostilité à ce projet durant les négociations. Force est de constater aujourd’hui que l’amélioration attendue n’est pas au rendez-vous et que les pharmaciens ont été trompés…

 

Comment envisager sereinement l’avenir  alors que le  marché est en récession et que notre rémunération ne nous protège pas des nombreuses mesures d’économies du gouvernement ?

 

Les pharmaciens ont montré leur capacité à s’organiser pour défendre leur profession. Sur le terrain, le mécontentement et la colère contre les mesures gouvernementales sont palpables. Les pharmaciens  n’hésiteront pas à descendre à nouveau dans la rue si nous n’obtenons pas l’assurance de négociations prochaines pour mettre en place l’honoraire à l’ordonnance.  

 
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